Carburants: le gazole pourrait atteindre 14,20 DH début août
Le secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz estime que le litre de gazole pourrait s’établir à 14,20 dirhams au Maroc au cours de la première moitié d’août. Il met en cause la hausse des cours internationaux et plaide pour une révision en profondeur de la politique énergétique.

Le litre de gazole pourrait atteindre 14,20 dirhams au Maroc durant la première moitié d’août, selon El Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la Samir. Le responsable syndical relie cette projection à la hausse des prix sur le marché international au cours de la seconde moitié de juillet.
Dans une déclaration au site Barlamane.com, il affirme que le prix du gazole sur le marché international serait passé d’environ 7,5 dirhams à 9,4 dirhams entre la première et la seconde moitié de juillet, soit une progression de plus de 25 %. Sur la même période, le prix du baril de pétrole aurait augmenté de moins de 10 %.
El Houcine El Yamani inscrit cette évolution dans un contexte géopolitique qu’il juge particulièrement tendu. Il cite la poursuite de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que les répercussions de la guerre qu’il qualifie d’américano-israélo-irano-golfique.
Selon lui, cette séquence aurait entraîné l’encerclement de détroits, la dégradation d’installations énergétiques et un recul des stocks d’énergie. Ces facteurs pèseraient directement sur les approvisionnements et sur la formation des prix des carburants.
Le responsable syndical explique que son estimation pour le marché marocain repose sur l’ajout des coûts de transport, d’assurance, des différents frais, des taxes et des marges des distributeurs avant la libéralisation. Sur cette base, il juge attendu un prix de 14,20 dirhams le litre, sans soutien de la Caisse de compensation.
Cette perspective intervient, souligne-t-il, au moment où la saison estivale s’accompagne d’une intensification des déplacements, des voyages et de l’activité commerciale et touristique. Une telle hausse toucherait donc directement les ménages comme les professionnels les plus exposés aux coûts de transport.
Pour El Houcine El Yamani, un prix de 14 dirhams ou davantage ne correspond pas au pouvoir d’achat des Marocains. Il considère aussi qu’un tel niveau ne répond pas aux exigences du développement ni à celles de la stabilité économique et sociale.
Le syndicaliste soutient par ailleurs que la libéralisation des prix des carburants et l’arrêt du raffinage pétrolier au Maroc n’ont pas permis, selon lui, de mieux orienter le soutien public vers ses bénéficiaires. Il accuse au contraire ce choix d’avoir ouvert la voie à l’enrichissement des acteurs dominant le marché des hydrocarbures.
Face à cette situation, il appelle à l’annulation de la libéralisation des prix des carburants. Il plaide également pour une baisse de la fiscalité appliquée aux produits pétroliers et pour la relance du raffinage à la raffinerie de Mohammedia.
El Houcine El Yamani demande en outre un relèvement des stocks nationaux de carburants, une révision du cadre législatif de l’énergie au Maroc, ainsi qu’une accélération de la transition énergétique. Il met aussi en avant la nécessité de renforcer la souveraineté énergétique nationale.




