Textile vert: Shengtai décroche deux feux verts chinois pour son projet au Maroc
Le groupe chinois Shengtai a obtenu deux autorisations administratives en Chine pour son futur parc industriel textile vert au Maroc, annoncé à 2,29 milliards de dirhams. Le calendrier du projet reste toutefois incertain, plusieurs validations devant encore être obtenues.

Le projet de parc industriel textile vert que le groupe chinois Shengtai prévoit au Maroc a franchi deux nouvelles étapes administratives en Chine, selon une annonce relayée par Barlamane. Le groupe indique avoir obtenu samedi 15 août un certificat d’investissement à l’étranger ainsi qu’un avis d’enregistrement provincial.
Selon cette annonce, le certificat a été délivré par le département du commerce de la province du Hunan. L’avis d’enregistrement a, lui, été émis par la commission provinciale pour la réforme et le développement, ce qui marque une avancée dans la procédure chinoise encadrant l’investissement.
Shengtai précise que son « parc industriel textile vert Shengtai (Maroc) » représenterait un investissement total plafonné à 2,29 milliards de dirhams. Le groupe l’évalue aussi à environ 1,716 milliard de yuans, en précisant que le montant final dépendra des dépenses effectivement engagées.
Le futur complexe doit produire principalement des « fils de coton haut de gamme, des tissus haut de gamme et des vêtements haut de gamme », selon la même source. Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de montée en gamme de la production destinée au marché extérieur.
Le groupe avait déjà validé le principe de cette implantation lors de réunions tenues les 20 mars et 7 avril 2025. Le conseil d’administration, le conseil de surveillance puis l’assemblée générale extraordinaire avaient successivement approuvé la conclusion d’un accord d’investissement avec le Maroc.
Les principales caractéristiques de l’opération avaient été rendues publiques à la Bourse de Shanghai dès le 22 mars 2025. Depuis, la procédure a progressé avec l’obtention du certificat d’investissement extérieur portant le numéro N4300202500242 et de l’avis d’enregistrement référencé 151/2026.
Dans son argumentaire, Shengtai présente cette implantation marocaine comme un levier pour « élargir son implantation mondiale », « compléter l’écosystème de l’industrie textile » et renforcer sa capacité à conquérir des marchés extérieurs. Le groupe y voit également un moyen de mieux sécuriser ses approvisionnements en produits.
L’entreprise estime aussi que sa future base au Maroc devrait l’aider à mieux absorber les fluctuations macroéconomiques, les changements de politiques industrielles et les évolutions du commerce international. Selon son annonce, cet investissement répond à ses besoins d’exploitation à long terme et doit soutenir sa compétitivité ainsi que sa rentabilité globale.
Pour autant, l’obtention de ces validations chinoises ne clôt pas les formalités du projet. Shengtai souligne que la construction nécessitera une période relativement longue et que « plusieurs procédures d’approbation restent à accomplir », ce qui entretient l’incertitude sur le calendrier du complexe.
Le groupe met aussi en garde contre plusieurs facteurs de risque. Il évoque notamment la conjoncture macroéconomique, l’évolution de l’industrie, la gestion du projet ou encore une éventuelle défaillance de partenaires, en précisant que le chantier « peut être retardé, modifié ou abandonné ».
Shengtai avertit également qu’un investissement ne respectant pas les engagements convenus pourrait l’exposer à « la restitution partielle ou totale des subventions publiques ». Il ajoute que des capacités industrielles supplémentaires pourraient peser sur ses résultats si les volumes produits ne trouvaient pas les débouchés attendus.
Le financement du projet pourrait provenir des fonds propres du groupe, d’emprunts contractés auprès d’établissements financiers ou d’autres sources. Shengtai souligne enfin qu’une réalisation par étapes doit limiter l’impact financier à court terme, tout en reconnaissant que la poursuite des investissements alourdira les besoins de financement, la pression sur l’endettement et la trésorerie, avant même l’effet futur des charges d’amortissement. Sources: Barlamane FR.




