Carburants russes: des volumes expédiés du Maroc bloqués sur fond de désaccord
Des carburants acheminés vers la Russie depuis le Maroc n’avaient toujours pas atteint le marché intérieur russe vendredi 14 août, selon le portail spécialisé InfoTEK. En cause, un désaccord sur le prix de vente entre compagnies pétrolières et autorités de régulation, dans un contexte d’incertitude sur l’état exact des cargaisons concernées.

Des carburants expédiés vers la Russie depuis le Maroc n’avaient toujours pas atteint le marché intérieur russe vendredi 14 août, selon le portail spécialisé InfoTEK. Le média, qui cite trois sources du secteur pétrolier, affirme que des produits importés, notamment du Maroc et de l’Inde, restent à bord de pétroliers à Mourmansk en raison d’un désaccord sur leur prix de vente.
InfoTEK indique avoir sollicité le ministère russe de l’Énergie, sans obtenir de confirmation publique au moment de la publication. Le différend porterait sur la valeur à laquelle ces cargaisons importées pourraient être écoulées sur le marché russe.
L’information concerne notamment une cargaison d’environ 30 000 tonnes d’essence AI-92 chargée à Tanger à la mi-juillet et acheminée vers le port arctique de Mourmansk. Les éléments disponibles permettent d’établir son expédition depuis le territoire marocain, mais pas d’affirmer que ce carburant a été raffiné ou produit au Maroc.
Une réserve demeure toutefois sur l’état matériel exact de ce lot. Le 31 juillet, Reuters rapportait, en citant deux sources professionnelles, qu’un pétrolier battant pavillon panaméen chargé à Tanger était alors en cours de déchargement à Mourmansk et que Loukoïl avait agi comme fournisseur, sans réponse de l’entreprise aux sollicitations de l’agence.
Deux semaines plus tard, InfoTEK soutient au contraire que les carburants importés « n’est toujours pas arrivé sur le marché intérieur » et qu’ils ne sont pas déchargés des pétroliers. Cette divergence ne permet pas, à ce stade, de déterminer si le lot parti de Tanger a été partiellement débarqué, si son déchargement a été suspendu ou si plusieurs cargaisons distinctes sont visées.
Selon une source présentée par InfoTEK comme familière du dossier, les vendeurs proposeraient l’essence importée à des prix pouvant atteindre 150 000 roubles la tonne, soit environ 16 505 dirhams. Les autorités de régulation, elles, demanderaient une commercialisation aux niveaux pratiqués sur le marché intérieur russe.
Le portail précise que la cotation de l’AI-92 avait atteint 77 620 roubles la tonne, soit environ 8 541 dirhams, à l’issue de la séance du 13 août pour l’indice territorial de la partie européenne de la Russie. Il ajoute toutefois que les prix varient selon le lieu de livraison et le producteur.
Ce seuil de 150 000 roubles ne peut cependant pas être attribué au seul lot parti de Tanger. InfoTEK l’associe aux carburants importés dans leur ensemble, et cite séparément un négociant selon lequel de l’AI-92 indien lui aurait été proposé à 130 000 roubles la tonne, puis à 110 000 roubles, une version qu’un second négociant aurait confirmée.
InfoTEK attribue cet écart au coût du transport, de la manutention, des taxes et aux contraintes propres à l’acheminement vers la Russie. Un négociant interrogé par le portail évalue ainsi le coût final d’une tonne importée à environ 146 600 roubles après fiscalité, sans qu’il s’agisse d’un tarif officiel ni d’un prix établi pour la seule cargaison expédiée depuis Tanger.
L’incertitude se retrouve aussi dans l’ouverture du point de livraison de Kola, qui dessert le port de Mourmansk. Reuters relevait fin juillet que de l’AI-92 y était proposé pour livraison ferroviaire, tandis qu’InfoTEK affirme que les transactions depuis cette base n’avaient toujours pas commencé au 14 août, malgré l’introduction de nouveaux instruments par la Bourse internationale des matières premières de Saint-Pétersbourg.
L’arrivée de ce lot depuis Tanger avait été signalée alors que la Russie cherchait des approvisionnements extérieurs après des perturbations touchant plusieurs raffineries. Selon Reuters, les frappes ukrainiennes contre des installations de raffinage avaient pesé sur l’offre, poussant Moscou à recourir à des importations ferroviaires depuis la Biélorussie et le Kazakhstan et à suspendre certaines exportations de carburant.
À ce stade, les sources russes permettent surtout d’établir qu’un désaccord sur les prix retarde l’accès au marché de carburants importés comprenant des volumes acheminés depuis le Maroc. Elles ne permettent en revanche ni d’affirmer que l’intégralité des 30 000 tonnes demeure à bord du même pétrolier, ni d’attribuer au seul lot parti de Tanger le prix maximal évoqué par InfoTEK.




