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Transition énergétique: Le Maroc ciblé par un fonds panafricain de 200 millions

Le Maroc figure parmi les treize principaux marchés d’investissement visés par le Fonds africain d’accélération de la transition, selon une évaluation de la BAD. À ce stade, aucune enveloppe spécifique ni aucun projet situé dans le royaume ne sont toutefois identifiés.

La Rédaction · · Mis à jour
Transition énergétique: Le Maroc ciblé par un fonds panafricain de 200 millions

Le Maroc a été retenu parmi les principaux marchés d’investissement du Fonds africain d’accélération de la transition (ATAF), selon un rapport de juillet dévoilé le 14 août par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Ce véhicule panafricain de capital-investissement, géré par AIIM, cherche à lever 200 millions de dollars, avec un plafond fixé à 300 millions.

Le document place le royaume dans un groupe de treize marchés comprenant également le Botswana, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le Nigeria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. Ces pays y sont présentés comme les « principaux marchés d’investissement » du fonds.

Aucune enveloppe propre au Maroc n’est toutefois attribuée à ce stade. Le rapport ne cite pas non plus de projet situé dans le royaume, alors même qu’il précise que le fonds doit orienter des capitaux vers des secteurs où les financements privés restent limités.

L’ATAF prévoit de constituer un portefeuille de dix à quinze investissements sur une période de cinq ans. Les engagements unitaires visés sont généralement compris entre 10 et 45 millions de dollars, avec un horizon de placement fixé à dix ans et trois prolongations possibles d’un an, sous réserve de l’accord du comité consultatif des commanditaires.

Selon l’évaluation de la BAD, le fonds doit mobiliser des capitaux de démarrage et de croissance afin d’« accélérer la transition énergétique de l’Afrique ». La stratégie d’investissement est structurée autour de neuf secteurs prioritaires identifiés dans le rapport.

Le document cite notamment la production d’électricité renouvelable, les systèmes de stockage par batteries, le transport d’électricité, l’efficacité énergétique et les technologies de conversion de l’électricité en molécules de synthèse. Il ajoute l’hydrogène vert, l’ammoniac vert, les biocarburants, le biométhane, le biogaz, ainsi que la mobilité électrique, les flottes de véhicules électriques et les infrastructures de recharge.

AIIM doit apporter aux sociétés et plateformes retenues des capitaux précoces, puis des financements de croissance. Le gestionnaire privilégie, selon le rapport, des infrastructures fondées sur des technologies éprouvées et présentant un risque technologique jugé faible.

Le rapport de la BAD indique également qu’AIIM administre plus de trois milliards de dollars d’actifs et s’appuie sur plus de quarante professionnels de l’investissement répartis dans cinq bureaux régionaux. Le gestionnaire africain intervient ainsi avec une structure déjà installée sur plusieurs marchés du continent.

Huit possibilités d’investissement avaient déjà franchi un premier filtrage au moment de l’évaluation conduite par la BAD. Le document ne livre cependant ni leur identité ni leur répartition géographique, ce qui ne permet pas d’établir qu’un actif marocain figure dans cette première sélection.

La BAD a classé la transaction en catégorie 1, soit le niveau de risque environnemental et social le plus élevé dans son système de sauvegardes. L’institution justifie cette qualification par la nature, l’ampleur et la dispersion géographique possibles des futurs investissements, certains projets pouvant entraîner des déplacements physiques ou économiques, des atteintes à la biodiversité, des risques sanitaires ou encore des pollutions.

L’évaluation juge néanmoins « complet, bien gouverné et effectivement intégré au processus d’investissement » le système de gestion environnementale et sociale d’AIIM. La BAD lui attribue la note « bonne », tout en réclamant des outils communs supplémentaires pour la gestion des déchets dangereux, la préparation aux situations d’urgence et la concertation avec les parties prenantes, en particulier dans le solaire photovoltaïque, le stockage par batteries, le biogaz, l’hydrogène vert et l’ammoniac vert.

Fondée en 2000 comme coentreprise entre l’australien Macquarie et le sud-africain Old Mutual, AIIM est passée sous le contrôle intégral d’Old Mutual en 2015. En 2022, la direction d’AIIM et Old Mutual Alternative Investments ont acquis ensemble 25 % de la société, Old Mutual conservant les 75 % restants.

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