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Liaisons maritimes: Rabat prépare le renouvellement des licences vers l'Espagne

Le Maroc prépare le lancement de la procédure d’appel d’offres pour renouveler plusieurs licences de ferry vers l’Espagne, notamment sur les axes Algésiras-Tanger Med et Tarifa-Tanger City. Selon des informations de presse espagnole, le processus serait déjà entré dans sa deuxième phase.

La Rédaction ·
Liaisons maritimes: Rabat prépare le renouvellement des licences vers l'Espagne

Le gouvernement marocain prépare le lancement annuel de la procédure d’appel d’offres pour le renouvellement des licences d’exploitation de plusieurs lignes de ferry reliant les ports marocains à l’Espagne, notamment les liaisons Algésiras-Tanger Med et Tarifa-Tanger City. Selon des informations rapportées dimanche 16 août par le quotidien espagnol El Conciso, le processus d’attribution des nouvelles licences serait déjà engagé.

AXSMarine indique au journal espagnol que la procédure serait entrée dans sa deuxième phase. Trois compagnies maritimes auraient déjà franchi cette étape, signe d’une compétition qui commence à se structurer sur des liaisons particulièrement sensibles pour le trafic transfrontalier.

Parmi les opérateurs retenus figure La Méridionale, filiale du groupe CMA CGM. La compagnie exploite déjà une liaison entre Marseille et Tanger Med, ce qui lui donne une présence connue sur le marché marocain.

Sur la ligne Algésiras-Tanger Med, l’attribution d’une nouvelle licence devrait notamment permettre de combler le vide laissé par la faillite d’Intershipping. Africa Morocco Link demeure actuellement le seul opérateur à capitaux nord-africains présent sur cette liaison, aux côtés de Baleària, Armas Trasmediterránea et DFDS.

Le groupe danois DFDS attend, de son côté, l’approbation de la Commission nationale des marchés et de la concurrence pour l’acquisition d’une partie des activités d’Armas. L’opération doit lui permettre d’en prendre le contrôle sur ce segment.

La liaison Tarifa-Tanger présente, elle, un enjeu particulier. Le poste d’amarrage numéro deux, proposé par le Maroc, fait actuellement l’objet d’une procédure d’attribution, tandis que Baleària exploite depuis l’année dernière le poste numéro trois.

La licence concernée est actuellement exploitée côté marocain par Africa Morocco Link, qui avait remplacé Intershipping en 2024. La compagnie bénéficie d’un important apport de capitaux européens, la suédoise Stena Line détenant 49 % de son capital.

Selon AXSMarine, l’appel d’offres sur le poste d’amarrage Tarifa-Tanger devrait attirer l’intérêt des grandes compagnies maritimes internationales, en raison du poids stratégique de cette route dans le détroit de Gibraltar. Son importance devrait encore croître à l’avenir, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

DFDS figure parmi les candidats potentiels évoqués. Le groupe danois avait acquis FRS Iberia Maroc au début de 2024, une société qui exploitait auparavant le poste d’amarrage côté espagnol à Tarifa, avant l’arrivée de Baleària l’année dernière.

Une éventuelle candidature de DFDS pourrait toutefois être présentée en partenariat avec un opérateur marocain. La compagnie appelée à exploiter le poste correspondant à la partie marocaine doit en effet être majoritairement détenue par des capitaux marocains.

Sur le plan technique, des sources portuaires espagnoles indiquent à El Conciso qu’elles ignorent encore les critères que le gouvernement marocain retiendra dans son processus de sélection. Elles disent également ne pas savoir si Rabat s’orientera vers un modèle comparable à celui de Baleària, qui prévoit l’usage de navires électriques une fois leur construction achevée.

La compagnie retenue utilisera en revanche les connexions électriques OPS du quai de Tarifa afin de réduire ses émissions pendant les escales. Plus largement, les liaisons maritimes entre le Maroc et l’Espagne restent encadrées par l’accord bilatéral signé en 1979, qui prévoit que chacune des deux parties puisse assurer au moins 40 % du transport de passagers et de marchandises, tout en laissant à chaque pays la gestion autonome de ses licences. Sources: Medias24

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