Automobile: Kaizhong prépare une usine à Tanger pour fin 2026
L’équipementier automobile chinois Kaizhong a engagé la préparation d’une usine à Tanger, avec une entrée en production visée à la fin de 2026. Le site doit approvisionner en priorité les marchés européens et africains.

L’équipementier automobile chinois Kaizhong a engagé à Tanger la préparation d’une usine appelée à entrer en production à la fin de 2026. Le groupe destine ce futur site aux marchés européen et africain, selon des informations publiées vendredi 21 août par une plate-forme intégrée de services aux entreprises de Shanghai à l’international.
Le projet a été confirmé par Yang Jiangang, président de Kaizhong, qui a indiqué que l’usine marocaine était « en cours de préparation » et que le groupe tablait sur une « mise en production fin 2026 ». Aucun montant d’investissement ni aucune capacité annuelle n’ont, en revanche, été communiqués à ce stade.
Coté à la Bourse de Shanghai sous le code 603037 et connu à l’étranger sous la marque Carthane, Kaizhong fabrique des pièces d’amortissement de suspension ainsi que des pédaliers. Le groupe produit notamment des butées d’amortisseur en polyuréthane, des sièges de ressort, des supports supérieurs de suspension, des pédales et des pédaliers.
Ces composants, peu visibles pour l’automobiliste, jouent pourtant un rôle direct dans l’absorption d’une partie des chocs et des vibrations transmis par la route. Ils contribuent au confort du véhicule et équipent aussi bien des modèles thermiques que des véhicules électriques.
Kaizhong compte parmi ses clients des constructeurs chinois et étrangers, dont General Motors, Ford, Volkswagen, Porsche, Mazda et Suzuki. Le groupe dispose déjà d’implantations commerciales ou industrielles aux États-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Mexique, et son installation au Maroc doit devenir son prochain point d’appui industriel à proximité de l’Europe.
Selon Yang Jiangang, le choix du Maroc repose d’abord sur une équation industrielle jugée favorable. Le dirigeant met en avant un coût de la main-d’œuvre qu’il estime proche de celui supporté par Kaizhong dans son usine de Nantong, ainsi que la stabilité politique du pays et sa proximité géographique avec le marché européen.
Cette localisation doit permettre au groupe de produire au plus près de ses clients européens des pièces pour lesquelles les coûts logistiques et les délais de livraison pèsent fortement. Kaizhong cherche notamment à développer hors de Chine les ventes de ses butées de suspension en polyuréthane, avant d’élargir progressivement ses fournitures à d’autres composants.
Le projet marocain s’inscrit dans la continuité de l’expérience lancée au Mexique. Kaizhong y avait commencé à installer des capacités industrielles en 2023 avant de lancer la production en série au début de 2026, avec une première tranche que le groupe évalue à une valeur annuelle de production de 100 millions de yuans, soit environ 12 millions d’euros.
Le site mexicain alimente principalement le marché nord-américain. Kaizhong affirme y avoir obtenu pour la première fois un bénéfice mensuel en octobre et atteindre un taux d’origine locale de 80 %, grâce à des approvisionnements auprès de fournisseurs mexicains et à des matières premières provenant notamment d’Europe.
L’expansion internationale du groupe répond aussi au durcissement des barrières commerciales. Yang Jiangang affirme que les droits appliqués aux produits expédiés de Chine vers les États-Unis sont passés de 2,5 % à 27,5 %, puis à près de 50 %, ce qui a, selon lui, fortement réduit la compétitivité des exportations directes.
Le dirigeant explique également que des clients nord-américains ont demandé à Kaizhong de disposer de capacités industrielles hors de Chine afin de sécuriser leurs approvisionnements. Le groupe organise désormais son dispositif étranger autour de deux bases complémentaires: le Mexique pour l’Amérique du Nord, et Tanger pour l’Europe et l’Afrique.
Kaizhong n’est pas le seul industriel chinois à rapprocher ses usines de ses marchés extérieurs. La plate-forme de services de Shanghai qui a relayé ces informations cite aussi les cas de Haili Electric, présent dans 165 pays et régions, et du logisticien Milkway, tandis que le centre de services de Pudong, créé en mars, accompagne les entreprises dans leurs études de marché, leurs implantations et l’évaluation des risques liés à leurs activités internationales.




