Istiqlal au Sahara: Baraka veut rassurer après l’offensive du PAM
En déplacement dans les provinces du Sud, Nizar Baraka a cherché à remobiliser les siens après la défection de Khattat Ynja vers le PAM. Le secrétaire général de l’Istiqlal a aussi détaillé les grands chantiers qu’il présente comme les moteurs de la transformation de Dakhla-Oued Eddahab.

Nizar Baraka s’est de nouveau rendu, ce week-end, dans les provinces sahariennes, dans un contexte marqué par la percée du PAM et le départ de Khattat Ynja, figure politique du Sud, vers les rangs pamistes. Cette tournée visait à rassurer les militants istiqlaliens et à réaffirmer l’ancrage du parti dans une zone longtemps considérée comme l’un de ses bastions.
Selon une voix istiqlalienne présentée comme bien informée, le parti se dit serein malgré les remous récents. L’Istiqlal afficherait notamment sa confiance quant à l’obtention d’un siège à Dakhla, une circonscription qui ne compte que deux sièges.
Dans le même temps, Hamdi Ould Rachid a multiplié les déplacements dans les circonscriptions du Sahara, au-delà de son fief de Laâyoune. Son activisme, visible ces derniers jours, illustre le rôle central qu’il continue de jouer dans le dispositif du parti dans le Sud.
Présent dimanche aux côtés de Nizar Baraka, un pas derrière lui, il apparaît plus incontournable que jamais dans cette séquence politique. La crise ouverte par le PAM l’aurait même renforcé au sein de l’appareil istiqlalien, où son influence s’étend jusqu’à Dakhla.
Au cours de cette visite, Nizar Baraka a confirmé les têtes de liste retenues par le parti pour les prochaines échéances dans la région. Mbarek Hammia conduira ainsi la liste à Dakhla, tandis que Mohamed Boubekeur mènera celle d’Aousserd.
Sur le fond, le secrétaire général de l’Istiqlal a articulé son discours autour des grands projets de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Il a cité le dessalement de l’eau de mer, le port de Dakhla Atlantique, l’industrie, l’hydrogène vert, la santé, l’enseignement et la formation comme autant de leviers de transformation.
Il a inscrit cette dynamique dans le prolongement du nouveau modèle de développement lancé en 2016. Selon lui, ce cadre a servi de « locomotive » à la mutation de la région, en accélérant les investissements et en structurant les priorités de développement.
Sur la question de l’eau, Nizar Baraka a affirmé que « le problème de l’eau à Dakhla ne se posera plus », assurant que la station de dessalement doit commencer à fonctionner ce mois-ci. Il a ajouté que 5 200 hectares seront transformés en terres agricoles alimentées par l’eau dessalée.
Le responsable politique a également mis en avant les activités maritimes, la pêche et les industries de transformation. Il a rappelé qu’il a été décidé, dans le cadre du nouveau modèle de développement, que les produits de la pêche réalisés dans la région doivent y être vendus afin que les taxes soient acquittées sur place.
Nizar Baraka a par ailleurs évoqué les infrastructures de santé et de formation, en annonçant le lancement du CHU Mohammed VI, actuellement en cours de réalisation, ainsi qu’une faculté de médecine dans la région. L’objectif affiché est de permettre aux jeunes de Dakhla de se former localement, notamment dans les filières médicales.
Le port de Dakhla Atlantique a occupé une place centrale dans son intervention. Le chef de l’Istiqlal l’a présenté comme l’« équivalent » de Tanger Med, en précisant que le chantier a atteint un taux de réalisation de 67 % et qu’il devrait être prêt en 2028, avec l’ambition d’en faire un pôle industriel et logistique tourné vers l’Afrique et le Sahel.
Dans son sillage, il a annoncé une zone industrielle de 1 600 hectares, destinée selon lui à créer de l’emploi et de la valeur ajoutée, ainsi qu’un développement autour de l’hydrogène vert. Il a aussi affirmé que le gazoduc Nigeria-Maroc passera par Dakhla, ce qui, à ses yeux, permettrait de réduire le coût de l’énergie et d’améliorer la compétitivité de la région.
Enfin, Nizar Baraka a relié ces projets aux prochaines échéances électorales et à la question de l’intégrité territoriale. Il a estimé que « le prochain gouvernement sera celui de l’autonomie sous souveraineté marocaine », tout en appelant au renforcement du front intérieur, à la coopération entre les régions du Sud et à la mobilisation autour du slogan choisi par l’Istiqlal: « Mon pays, mon avenir ».




