Ceuta-Fnideq: Ignacio Cembrero visé après ses propos sur le drame
Des publications diffusées sur X et Facebook s’en prennent au journaliste espagnol Ignacio Cembrero après ses commentaires sur la mort de migrants au large de Ceuta et de Fnideq. Leurs auteurs l’accusent d’instrumentaliser le drame et de concentrer ses critiques sur le Maroc en éludant d’autres responsabilités.

Une vague de publications relayées samedi 15 août sur X et Facebook a visé le journaliste espagnol Ignacio Cembrero après ses prises de position sur la mort de plus de 140 candidats à l’émigration irrégulière au large de Ceuta et de Fnideq. Des comptes marocains certifiés l’accusent d’exploiter politiquement cette tragédie et d’inscrire sa démarche dans un contentieux ancien avec le Royaume.
Dans un message cité par ses détracteurs, Ignacio Cembrero a écrit: « Que reposent en paix les victimes », en ajoutant que la plupart d’entre elles étaient marocaines. Il a également affirmé que les Espagnols et les Marocains « de bonne volonté » formaient « de loin la grande majorité ».
Le journaliste a ensuite appelé, selon ces mêmes publications, à présenter des condoléances aux familles endeuillées. Deux semaines après cette tragédie, qu’il qualifie de drame « sans précédent dans ces eaux de la Méditerranée », aucune autorité marocaine n’aurait accompli ce geste, « à commencer par le palais royal », a-t-il soutenu.
La critique la plus récurrente porte sur ce que plusieurs auteurs décrivent comme une indignation sélective. Ils rappellent que des images diffusées pendant la crise ont montré, selon eux, des interventions violentes des forces de sécurité espagnoles, qui auraient mérité « au moins le même traitement professionnel » que les reproches adressés au Maroc.
Certains messages interrogent ainsi le silence du journaliste face à ces scènes. L’un de leurs auteurs raille une compassion qui fonctionnerait « avec un système de sélection », entière lorsque le récit lui convient, mais absente lorsque les faits mettent en cause l’autre partie.
D’autres contributions, rédigées en français, contestent plus frontalement la méthode. Elles estiment qu’on ne saurait « culpabiliser tout un peuple » ni transformer « le deuil en interrogatoire politique », encore moins distribuer « les bons et les mauvais points aux familles endeuillées depuis son clavier ».
Un autre message affirme pour sa part que la douleur ne devrait jamais servir « d’instrument de propagande ». Son auteur dénonce un « acharnement stérile contre le Maroc », doublé d’un « silence complice et sélectif », jugeant que les élans humanitaires prêtés à l’éditorialiste ne seraient que « de la poudre aux yeux ».
Une partie des réactions déplace toutefois le débat vers la chaîne des responsabilités. Leurs auteurs soutiennent que la justice espagnole avait, avant le drame, interdit le refoulement immédiat des personnes parvenues à la nage, mais que cette décision aurait ensuite été présentée de manière trompeuse sur les réseaux sociaux.
Selon eux, des messages puis des vidéos ont laissé croire que « la porte est ouverte », comme si toute personne atteignant Ceuta ne serait pas renvoyée. Ils réclament dès lors une enquête « globale », portant sur « tous les faits et toutes les responsabilités des deux côtés de la frontière ».
Pour ces auteurs, le respect dû aux victimes ne consiste pas à utiliser leurs images et leur nombre « pour décocher des flèches politiques vers le Maroc ». La tragédie, concluent-ils, est « trop grande pour tenir dans un message dont le seul titre est: le Maroc ».




