Jeunesse: les «vautours» de l’exil clandestin vivement dénoncés
Un texte publié dans Aujourdhui le Maroc s’en prend frontalement aux passeurs, rabatteurs et diffuseurs de fausses promesses qui poussent des jeunes vers l’immigration clandestine. Il fustige aussi le silence de responsables, d’influenceurs et de certaines associations après le drame de Fnideq.

Dans une chronique au ton particulièrement accusateur, Aujourdhui le Maroc dénonce ceux qui encouragent l’immigration clandestine en exploitant la fragilité d’une partie de la jeunesse. Le texte vise les auteurs de fausses informations, les passeurs, les rabatteurs et les créateurs de faux profils, présentés comme des acteurs qui conduisent délibérément des jeunes vers la mort.
L’auteur parle de «vautours» et de «criminels» pour qualifier ces réseaux et leurs relais, qu’ils soient installés au Maroc, en Espagne, en Algérie ou ailleurs. Selon cette lecture, ces acteurs ne vendent pas un avenir meilleur, mais «un suicide», en nourrissant l’illusion d’une vie plus enviable de l’autre côté de la Méditerranée.
Le texte insiste sur le caractère intentionnel de cette mécanique. Il accuse ces intermédiaires de manipuler le mal-être d’une partie de la jeunesse pour la jeter «dans les bras de la mer» et en faire une «chair à canon» au service de leurs propres intérêts.
La chronique estime que les explications avancées sur les causes de cette tentation de l’Europe ont été nombreuses, mais pas toujours justes. Sans écarter la pauvreté, elle invite à regarder aussi du côté de la quête de perspectives, d’espoir, de respect et de dignité.
L’auteur place au premier rang le désir d’être reconnu comme un «bnedem», c’est-à-dire comme une personne considérée à sa juste valeur. Il décrit une jeunesse en demande de respect, révoltée par le sentiment d’être sous-estimée et traitée comme une quantité négligeable.
Le drame de Fnideq occupe une place centrale dans cette charge. La chronique juge «effarant» le silence qui aurait suivi cet épisode, en visant notamment les responsables politiques, des influenceurs et certaines associations habituellement promptes à invoquer la jeunesse.
Le texte reproche à ces acteurs d’avoir regardé ailleurs au moment où des jeunes étaient exposés aux discours de passeurs et de manipulateurs. Il y voit un «cruel décalage» entre les proclamations de soutien à la jeunesse et l’absence de réaction face à un drame humain.
À l’inverse, un hommage appuyé est rendu aux acteurs associatifs, culturels et sportifs, aux militants de terrain ainsi qu’aux intellectuels restés mobilisés. La chronique salue leur présence aux avant-postes de l’entraide, du soutien et de l’action concrète.
Au-delà de la dénonciation morale, le texte avance aussi une lecture politique. Il affirme que des adolescents et de jeunes adultes sont instrumentalisés pour peser sur la politique souveraine du pays, transformés en moyen de pression par des «maîtres chanteurs» agissant selon leurs propres agendas.
Cette partie de la jeunesse, en quête d’«Alkarama», devient ainsi, selon l’auteur, un terrain fertile pour des utopies destructrices. Le propos appelle à trouver rapidement des réponses, en s’appuyant sur les propositions émanant du terrain et sur les personnes qui conservent la confiance des jeunes.
La chronique souligne enfin que des femmes et des hommes crédibles existent dans la société civile, à distance des promesses sans suite et du simple «paraître». Elle conclut en appelant à la vigilance, dans un contexte où la communication est jugée décisive à la fois en interne, notamment envers la jeunesse, et à l’international.




