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Cryptomonnaies: ZachXBT pourrait écarter des demandes venant du Maroc

L’analyste ZachXBT a indiqué qu’il pourrait rejeter automatiquement de futures demandes d’assistance émanant de victimes établies dans sept juridictions, dont le Maroc. Cette intention, relayée samedi 22 août, ne vaut pas encore mise en œuvre effective.

aicha Mokhtari ·
Cryptomonnaies: ZachXBT pourrait écarter des demandes venant du Maroc

L’analyste ZachXBT, connu pour ses enquêtes sur les flux de cryptomonnaies volées, a indiqué samedi 22 août qu’il pourrait rejeter automatiquement de futures demandes d’assistance provenant de victimes établies au Maroc. Le royaume figure dans une liste de sept juridictions citées, aux côtés du Canada, du Royaume-Uni, de l’Inde, du Nigeria, de l’Algérie et du Bangladesh.

Cette prise de position a été relayée par le compte d’information Wu Blockchain. La formule employée par l’enquêteur décrit toutefois une intention et non une mesure déjà appliquée à ce stade.

ZachXBT a ainsi expliqué qu’il « rejetterait probablement de manière automatique » les prochaines sollicitations en provenance de ces pays. Rien, en l’état, ne permet d’affirmer qu’il ait déjà cessé de traiter les dossiers antérieurs déposés par des résidents de ces sept États.

L’analyste a également précisé que la plate-forme qu’il prépare empêcherait les internautes situés dans des juridictions qu’il juge de « faible qualité » d’accéder à certains services d’aide. Cette qualification relève de sa seule appréciation et ne s’appuie sur aucune méthodologie publiée, aucune donnée chiffrée ni aucune évaluation indépendante rendue publique.

Cette éventuelle restriction ne procède par ailleurs d’aucune décision gouvernementale, judiciaire ou internationale. Aucune autorité publique n’a été citée pour fonder ce classement, présenté comme un choix propre à l’enquêteur.

Les contours du dispositif restent, de surcroît, indéterminés. Ni l’adresse du site, ni sa date d’ouverture, ni la liste précise des services concernés, ni les règles d’éligibilité n’ont été rendues publiques.

ZachXBT n’a pas indiqué non plus si le filtrage reposerait sur le lieu de résidence des demandeurs ou sur la localisation de leur connexion. Il n’a pas précisé davantage si un utilisateur écarté pourrait contester la décision, ni si des exceptions seraient prévues pour les affaires de grande ampleur ou les dossiers transnationaux.

En l’état, aucune confirmation ne permet donc d’affirmer que les sept juridictions seront effectivement bloquées dès le lancement de la plate-forme. La restriction envisagée porterait, quoi qu’il en soit, sur une assistance privée et non sur les voies officielles de signalement.

Pour les victimes marocaines, les canaux institutionnels restent ouverts. Un épargnant lésé peut toujours saisir les services de police, les organismes nationaux de signalement des fraudes, les plates-formes d’échange par lesquelles les avoirs ont transité, les fournisseurs de portefeuilles numériques ainsi que les régulateurs financiers compétents.

La rapidité de transmission des empreintes de transaction et des adresses de portefeuille demeure un élément clé lorsque les fonds aboutissent chez un intermédiaire centralisé susceptible de geler un compte. Les sociétés d’analyse de chaînes de blocs peuvent alors documenter les mouvements de fonds et les liens entre portefeuilles.

Le rôle de ces enquêteurs privés reste cependant limité. Ils peuvent retracer des chemins de transaction, mais ne disposent d’aucun pouvoir pour geler ou restituer des avoirs, des prérogatives qui relèvent des plates-formes, des émetteurs de jetons adossés au dollar et des autorités judiciaires.

ZachXBT s’est déjà illustré par plusieurs enquêtes de ce type. Dans un précédent travail, il avait estimé que des utilisateurs de Coinbase avaient perdu au moins 65 millions de dollars, soit environ 600 millions de dirhams, en deux mois à la suite de manipulations téléphoniques et par messagerie, une évaluation que l’entreprise n’a pas confirmée. Plus récemment, ses recherches ont aidé à retracer 9,5 millions de dollars, soit quelque 87 millions de dirhams, dérobés à plus de cinquante personnes via une fausse application se faisant passer pour celle du fabricant de portefeuilles Ledger.

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